Allez Les Filles "suite"

Publié le par Bastien

Nous vous parlions il y a quelques jours de la situation difficile de l'association "Allez Les Filles". Des membres de l'asso ont eu ce lundi un rendez-vous avec la mairie de Bordeaux. Bilan par Stéphane Vidal, le chargé de communication d'ALF.

Nous y avons rencontré GENEVIEVE ANDUEZA :
- Chargée de Mission "Culture" au Cabinet du Maire ("Direction Générale des Affaires Culturelles" - DGAC qui comportait Jean-François Lhérété jusqu'à récemment...)
- ancienne directrice de L'Escale du Livre, salon du livre de la Ville de Bordeaux (
http://www.escaledulivre.com)
- candidate des Verts en 1994 à la cantonale partielle de Bordeaux 3, en face de Hugues Martin (RPR à l'époque) et Gilles Savary notamment
- présidente démissionaire du Mouvement Ecologiste Indépendant (1997-1999), suite au rapprochement d'Antoine Waechter de la "Nouvelle Droite Française"
- épouse de Michel Duchêne, 2ème adjoint au Maire
- ancienne enseignante et libraire (spécialiste des problèmes du monde de l'édition)
- férue d'arts plastiques et d'art contemporain (elle a fait mettre en place une rubrique spéciale intitulée "Artistes à Bordeaux" sur le site municipal bordeaux.fr)
Cette rubrique devrait être étendue à la musique prochainement. Quand on voit que N'a Qu'un Oeil, ou La Mauvaise Réputation figurent sur le site de la Ville, on peut espérer y faire rentrer nos associations/structures de musiques (La Centrale, Le Fiacre, Hangar 5, Son'Art, El Inca, Milkpack, etc...)

Geneviève ANDUEZA n'est donc pas élue et n'a pas de pouvoir décisionnel ; en revanche son avis a beaucoup de poids.
Après notre discussion, elle a émis un "avis très favorable de la part de la DGAC", sorte de sésame qui permet d'engager plus favorablement le dialogue avec les élus (Dominique Ducassou à la Culture, et Muriel Parcelier à la Vie Associative, dans un 1er temps), et de sensibiliser le Maire sur le combat que l'on mène pour la reconnaissance d'une vie culturelle en dehors des structures institutionnalisées.

Prochaine étape? Nous sommes en attente d'un retour de la part de Geneviève Andueza, qui prendrait la forme de RDV avec les élus.
En outre nous avions déjà obtenu un RDV au Pôle Associatif avec Catherine Beaufort-Lancelin, malheureusement repoussé au 28 Mars!

On espère obtenir un RDV avec les élus plus tôt au cours du mois afin de poursuivre le dialogue. Il faut donc continuer à signer la pétition, nous l'avons passée à l'ensemble de nos contacts, nous allons insister à nouveau, et si vous faites de même de votre côté (harcelez vos proches!!!) on y arrivera.

Un soutien populaire doublé d'un soutien médiatique est un des leviers de pression primordiaux face à une collectivité : d'un côté l'électorat qui se positionne face à la Mairie, de l'autre des articles de presse parfois peu flatteurs pour la politique culturelle de la Ville.

N'oublions pas que notre combat est celui de tout le milieu "underground / alternatif" sans qui nous (Allez Les Filles) n'aurions que peu de légitimité.
Rappelons-nous du Village du Rock de CULTURE(S) ROCK en septembre dernier à Eysines. Voilà ce que nous défendons aujourd'hui.

http://www.allezlesfilles.com/

 



 

Vous trouverez ci-dessous, pour compléter sur le sujet d'Allez Les Filles, un article paru dans le magazine "Trente 3 Tours". L'auteur, Jonathan Hénault, traite de la culture à Bordeaux :

 

C'est la culture qu'on assassine
Sans doute trop occupés à détrousser des vieilles dames, les élus bordelais ont encore une fois oublié que si la ville resplendissait aujourd'hui de milles feux (et de milles activités), ce n'était en aucun cas le fait de quelques structures subventionnées et confortablement assoupies dans leurs lauriers, mais bien grâce à l'énorme activité associative et indépendante qui secoue les murs de la capitale girondine.
 
C'est en substance ce qui ressort du nouveau budget de la culture telle qu'il a été voté par le conseil d'Alain Juppé (jamais très loin lorsqu'il s'agit de mener une politique de terre brûlée), un budget où une nouvelle fois les grosses structures tirent leur épingle du jeu, et où le reste des associations culturelles de la ville... tirent la langue.

1000 victimes, 1 assassin
L'an dernier déjà, certains d'entre nous s'étaient justement fait taper sur les doigts pour avoir osé colporter l'infâme rumeur (méchant journaliste, méchant) selon laquelle, non contente de ne pas compenser la baisse nationale du budget de la culture, la municipalité avait à Bordeaux ses petits chouchous... et ses cancres, à qui dans le meilleur des cas elle offre une subvention d'un montant si ridicule qu'elle s'apparenterait plus à de l'aumône généreuse qu'à une aide substantielle.

Cette année, nous n'en parlerons donc pas. Inutile de déranger notre bon maire, qui a assez de problèmes comme cela en ce moment. Alors, nous ne parlerons pas de la Rock School Barbey, apparemment la seule salle de musique amplifiée de la ville si l'on en croit ce proche d'Alain Juppé refusant une subvention à l'association Bordeaux Rock en prétextant « qu'en termes de musique actuelle, ils ont déjà donné ». Pourtant, rien de neuf sous le soleil, la programmation musicale de la grande salle bordelaise déçoit d'année en année, au fur et à mesure que ces quelques « fonctionnaires du rock » s'échinent à préserver leurs privilèges (et leurs subventions annuelles) plutôt que de se lancer dans une politique de développement ou de découverte qui pourrait s'avérer particulièrement risquée. Pendant ce temps, à quelques mètres de là se meurt l'association Allez les Filles, principale pourvoyeuse de concerts dans la ville depuis de nombreuses années, et véritable symbole de l'activisme culturel qui fait tout le sel de la capitale girondine. Très étrangement interrogé par Sud-Ouest à ce sujet (les deux se détestent cordialement depuis longtemps), le directeur de la Rock School Barbey s'est encore fendu d'une belle poussée de démagogie particulièrement tordante, déclarant en substance que si Allez les Filles voulait connaître des jours meilleurs, l'association rock n'avait qu'à laisser son activisme et son indépendance de côté. Une recette éprouvée par la Rock School, passée maître depuis longtemps dans l'art de ne pas faire de vagues et de caresser les institutions dans le sens du poil, offrant au reste du pays le visage serein d'une culture bordelaise aseptisée et sans aspérités, aussi conventionnée que conventionnelle. Pourtant, contrairement à la mort en sursis d'Allez les Filles (on n'ose pas même y penser), nul doute que le paysage culturel bordelais survivrait sans peine à la disparition d'une structure qui vampirise les subventions municipales sans trop se mouiller. Car l'histoire de Bordeaux et des « musiques amplifiées » ne s'arrête pas aux portes de la Rock School Barbey, loin de là : si Bordeaux est par essence une ville rock, c'est avant tout parce qu'elle est une ville de caves. Une ville qui ne serait rien sans ces centaines d'associations qui y organisent des soirées, sans ces centaines de groupes qui y répètent, sans ce courant alternatif qui se refuse à faire la révérence devant le roi de Bordeaux et ses fidèles sujets.

Initiatives Citoyennes
Des associations qui aujourd'hui se mobilisent et se regroupent spontanément pour venir en aide à Allez les Filles, organisant à tour de rôle des soirées de soutien (voir détails plus bas) qui ne permettront sans doute pas d'assurer la stabilité financière de l'association rock mais qui ont le mérite de montrer la vitalité et l'importance du réseau associatif bordelais. Cela ne changera sans doute pas grand-chose à la question, mais si l'attention médiatique peut-être attirée sur la crise que traverse la culture bordelaise, la moitié du chemin aura déjà été parcourue.


Car voilà tout le problème : en apparence, tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Lors de la prochaine émission spéciale consacrée à Bordeaux, les caméras de France 2 pourront venir se poser voluptueusement devant la fierté locale, le fleuron de la culture bordelaise, lieu de toutes les émotions et de toutes les sensations, cet Opéra de Bordeaux si peu représentatif de la diversité culturelle de la ville et pourtant si choyé par la municipalité. 15 millions de francs lui sont alloués chaque année, soit près de 30% du budget de la culture, sans qu'un rapport alarmiste publié en 2005 par la Chambre Régionale des Comptes ne vienne changer quoi que ce soit à cette situation : chaque année, la Mairie continue de compenser le déficit d'exploitation du site par des sommes exorbitantes, tandis qu'à quelques mètres de là on ne compte plus les petits théâtres qui se meurent, faute d'attention et de subventions.

Du côté de la Boîte à Jouer, on prend les choses avec le sourire. Sur les murs du petit théâtre bordelais, des affichettes rappellent au public qu'ils sont ici dans un lieu indépendant, ballotté au rythme de la fréquentation et des subventions. Celles-ci ne seront pas nombreuses cette année, le budget municipal est en baisse de 6,2% et la Boîte à Jouer s'en attriste. En forme de clin d'½il à leurs amis de la Mairie, le théâtre organise donc depuis quelques semaines une sorte de « collecte pour les pauvres », proposant à ses visiteurs de leur laisser un chèque de 10 centimes d'euro libellés à l'attention de la Direction de la Culture de la Mairie de Bordeaux. L'initiative est amusante, et elle a surtout le mérite d'attirer l'attention des médias sur un problème récurent qui finira par faire bien des ravages. Si rien n'est fait en faveur de la multitude de petites structures qui fourmillent et tentent de survivre péniblement, elles finiront par disparaître comme bon nombre de leurs consoeurs avant elle, et ne seront sans doute pas remplacées. Usés, et pour la plupart assez blasés, leurs anciens responsables rendent les armes devant la suprématie des grosses machines de guerre, qui ont obtenu la bénédiction des institutions en même temps que les moyens de leur action de banalisation et de « médiocratisation » de la culture.

La culture bordelaise est morte, vive la culture.



Soutenez Allez les Filles !
Pour soutenir l'association Allez les Filles, de nombreuses microstructures organisent des manifestations diverses et variées :
- Le 23 février au Son'Art, les très bon Antena Tres (le meilleur groupe de rock de Bordeaux ?) viennent apporter leur pierre sonore à l'édifice, soutenus par La Poupée Barbue et Sheer Aches.
- Le 24 février, direction le Saint Ex pour une soirée dj's où Francis, le boss d'Allez les Filles, viendra en personne conduire une bien fine équipe où l'on retrouvera entre autre Martial Jésus et Captain de Radio Sauvagine.
- Le 10 mars, les antipodes se rejoignent au Fiacre avec un concert de soutien regroupant les excellents rappeurs de 0800 et... le très bon groupe de hardcore bordelais Noel Patterson. Un éclectisme bienvenu, comme un symbole de l'action d'Allez les Filles en ville depuis tant d'années...

http://www.trentetroistours.com/

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Publié dans Et à Bordeaux

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