Une nouvelle salle > Le Cube

Voici l'article paru aujourd'hui dans Sud-Ouest :
Villenave-d'Ornon inaugure une salle de 450 à 1 500 places. A partager avec les associations
Manu Dibango, son saxophone, et les thèmes de Sidney Bechet revisités par le Camerounais : c'est en belle compagnie que Villenave-d'Ornon inaugure vendredi soir sa nouvelle salle de spectacle, le Cube, à la plaine de la Junca.
Fiche technique : 5,5 millions d'euros, dont 300 000 pour le son et la lumière, 271 fauteuils en gradins rétractables, 450 en « tout assis », 1 005 en concert « assis-debout », et 1 500 en concert debout devant une scène de 135m2. Plus six loges, un hall de bonne taille, et un parvis. Le tout financé à 100 % par la ville, qui a aussi musclé ses services techniques.
Les voisins et les trains.
« On se situe entre la jauge de la Médoquine et celle du Vigean à Eysines », résume Michel Poignonnec, l'adjoint à la culture (et aux sports) de la municipalité de Villenave. Raison de cet investissement considérable : « Nous n'avions jusqu'ici que de petits lieux culturels, et le gymnase de l'Espace d'Ornon, qui n'est pas une salle de spectacle. »
Villenave a fait les choses à l'ancienne (le Cube est une salle polyvalente), en version moderne : « Il est conçu comme une salle de spectacle d'abord, qui peut aussi servir à autre chose. Nous avons des équipements au niveau du cahier des charges des artistes en tournée », insiste l'élu. Les musiciens s'y sentiront sans doute plus à l'aise que les gens de théâtre.
Le bâtiment, à l'architecture banale, est doté d'un double traitement acoustique intérieur et extérieur, pour ne pas gêner les voisins, et pour ne pas entendre siffler le train.
Néanmoins, si la municipalité estime s'être dotée d'un outil « à l'échelle d'une commune de 30 000 habitants », Michel Poignonec n'entend pas prendre de risques financiers en terme de programmation culturelle de la ville. « Nous programmerons quelques têtes d'affiche par an. Nous avons fait passer le budget de la culture de 100 000 ? à 140 000 ?, mais nous n'avons pas les moyens de faire venir nous-même beaucoup de grosses affiches. » Manu Dibango, Bazbaz, l'humoriste Armelle, sont au programme de la saison municipale.
Le Cube, entre-temps, est donc en principe aussi ouvert aux tourneurs. Histoire de rentabiliser l'investissement. le maire, Patrick Pujol, « a une option claire », explique l'adjoint. « On augmente le budget culture en espérant des recettes supplémentaires. Le taux actuel de remplissage de nos spectacles est de 80 % sur la saison. L'objectif est de rester à ce niveau. »
Si la qualité acoustique du lieu est au rendez-vous, les demandes venant de programmeurs de l'agglomération pourraient être assez nombreuses. Mais les candidats devront composer avec la vocation locale du Cube : galas de danse et de musique, bals de Carnaval. Tous les week-ends sont retenus par des associations jusqu'à la fin de l'année.
Quant à la célèbre Saint-Patrick villenavaise, qui annonce Tri Yann cette saison après Dan Ar Braz l'an passé, elle restera à l'Espace d'Ornon.
La vierge.
On comprend que si le Cube doit devenir un jour un des centres de la vie musicale, version musiques actuelles et populaires, Villenave n'est pas vraiment pressé. D'autant que le lieu, installé dans le petit chemin de Cadaujac, à côté du stade de football et de la salle de boxe, près de la voie ferrée, n'est pas si facile à trouver quand on n'est pas du pays.
Michel Poignonnec, qui mise sur les 450 places de parking aux abords immédiats, écarte l'objection : « quand les gens seront venus une fois, ils sauront revenir. » En attendant, la ville met des panneaux partout. Et on peut se vouer à la vierge en ciment qui domine le rond-point près de la gare, tout près de la Junca.