Le Café des Jours Heureux (le bar !)

Publié le par Bastien

Voici la véritable histoire du Café des Jours Heureux raconté par Fred, l'ancien propriétaire.

 

Prologue
 
On peut dire que notre histoire a vraiment basculé à la fin d’une journée de juillet 2001.
Une bonne gamelle après un plongeon raté à la piscine du camping de Saubion dans les landes et deux côtes fêlées. Handicapé à bosser comme un âne au retour des vacances, un déclic, un ras le bol de la vie parisienne, des trajets et des responsabilités à la con. Au bout du compte, un tel désir de changement que je donnais ma démission pour entreprendre quelque chose pour moi
 
Première partie : Menucourt
 
 
Chapitre 1
Les rencontres
 
C’est une rencontre étonnante et qui devait nous secouer définitivement Lotte et moi, celle des « Ogres de Barback » un groupe composé de deux frères et sœurs multi instrumentistes qui commençait à tourner sur Cergy et dans la région parisienne.
Nous avions pris l’habitude d’aller à leurs concerts avec la maman Dedette (collègue instit. de Lotte à l’époque) et partagions nos soirées entre les « Debout sur le zinc », « Les têtes raides » où la « Rue ketanou ». Mathis et Léo (le dernier des Burguère) étaient très potes et montaient avec Lisa sur scène pour faire chanter la jeunesse avec « Rue de paname ».
Une révolution dans une vie posée. Nous avions choisi ce petit village du Vexin en banlieue parisienne et très proche de Cergy Pontoise pour le travail de Lotte et afin de nous excentrer un peu de la capitale trop chère
et trop polluée. Pour pouvoir aussi élever nos enfants dans un cadre de vie proche de la nature.
Un besoin de reprendre la guitare, de composer, et déjà l’idée d’un lieu dédié aux musiciens. Asso où café, mais destiné à ceux qui voudraient tout simplement se retrouver pour jouer.
Il faut dire que nous avons toujours eu le chic pour pousser un peu le destin et c’est un  premier coup du sort qui nous poussait à prendre une décision éclair, un café que nous connaissions bien sur notre place de village était mise en vente et nous faisait franchir le pas.
 Nous avions trouvé notre endroit et il fallait lui trouver un nom.
Ce ne fût pas très difficile comme vous pouvez l’imaginer en nous projetant un peu plus loin dans le temps.
 
La rencontre avec les HDL sortant leur deuxième album « La belle affaire » après le succès du premier « Le café des jours heureux » se fit par l’intermédiaire des Ogres et le fait de nos sorties musicales répétées.
Nos multi concerts et rassemblements nous faisaient déjà vivre la tête dans la musique et partager des moments intenses et des lieux comme celui de la caserne bossue à Pontoise.
Composée d’un collectif d’artistes de musiciens et de plasticiens, « Les Ogres », « Orange Street »,  K2R, Mystic y avaient installé leurs salles de répètes où leurs ateliers et le chapiteau Latchodrom y était régulièrement monté. J’ai le souvenir d’y avoir passé une semaine à profiter d’une ambiance hallucinante, à espérer que ces moments ne s’arrêtent jamais.
Avec de belles rencontres, comme celle de Patrice Caumon chanteur des « Oisillons tombés du nid » pieds nus toute la semaine, de Zaragraph et de sa chanteuse Serbo croate à la voix incroyable, des Ogres et des HDL au sommet de leur forme. La salle accroupie attendant les dernières mesures de « Salut à toi » pour repartir de plus belle. Souvenirs magiques.
Nous avions la chance de voir naître au même moment 1air2 familles et d’assister à la première à l’EMB de Sannois (une salle que l’on adorait), de pouvoir vivre le succès indéniable de ce duo particulièrement explosif, fait d’un mélange du style punk caravaning des HDL, et de celui beaucoup plus soft des Ogres.
 
Nos WE étaient rythmés par cette vie faite de concerts et de musiques, je continuais à vendre mes confitures maisons et mes salaisons sur les marchés du coin, Lotte bossait en tant qu’instit avec les gens du voyage et notre affaire de café qui devait se concrétiser par la vente de notre logement principal commençait sérieusement à capoter. Du moins, à traîner en longueur.
 
 
Chapitre 2
La villette
 
C’est lors d’une soirée passée sous le chapiteau Latchodrom monté pour l’occasion à La Villette et programmé pour l’enregistrement d’1air2 familles que Jojo, accordéoniste des HDL,  après une discussion axée sur les qualités de la vie dans le sud-ouest nous invitait à passer quelques jours chez lui pour nous faire découvrir Bordeaux et la campagne de Bazas où habitait sa famille.
Une double rencontre puisque ce soir là nous y avons également fait la connaissance de Damien et Nathalie, un couple landais, Damien,  guitariste des Couzins et tous les deux habitants en pleine forêt landaise à Carcarès où ils nous invitaient à passer en même temps lors de notre séjour bordelais.
Un endroit incroyable avec une petite maison posée au milieu d’une petite clairière, quelques animaux dont le bouc Kipu, et une grange, lieu de pèlerinage pour beaucoup de musiciens de la région et d’ailleurs.
Une grange pleine d’instruments, une batterie, du matériel d’enregistrement et surtout aucun voisin à moins de 5km. Vous imaginez…
En fait tout simplement le lieu de naissance d’1 air de famille, puisque les Ogres et les HDL avaient fait résidence et pondu les morceaux du futur album en 15 jours. Carcarès est d’ailleurs le 6ème morceau qui porte le nom de l’endroit et composé par Benoît HDL.
Nous prenions donc RV aux vacances de la Toussaint et descendions en novembre.
La découverte du Bordeaux de Jojo, Le local le Clav où répétaient les HDL et tout le collectif musicien, le P’tit rouge et tout un monde nouveau pour nous, pleins de charmes et d’authenticité comme celui du quartier St Michel.
C’est d’ailleurs pendant ce séjour que j’ai demandé à Jojo l’autorisation de nommer le café du nom du titre de l’album, réponse positive immédiate SMS du groupe en totalité. (Une petite particularité pour R1 qui exigeait pour sa bière offerte à perpétuité, ce que j’acceptais en pensant qu’à 500km je ne prenais pas grand risque).
 
Nous avons passé quelques jours à Carcarès chez Damien et Nathalie à préparer du canard et déguster les produits landais. Nous avons particulièrement appréciés ces excellentes soirées passées en compagnie de Jojo et sa famille à Bazas. Souvenirs d’accordéons et de lapins rôtis…
Bordeaux nous plaisait déjà beaucoup, la lumière très pure du ciel d’automne, jaune chez nous et d’un bleu profond ici. Cette nonchalance « tranquille » des bordelais comparée au stress que nous vivions, et ces rencontres de qualité nous envoyaient beaucoup de points positifs.
 
 
Chapitre 3
Le coup du sort
 
Nous avions toujours l’esprit concentré sur l’achat de ce café du village, les deux frères héritiers n’arrivaient pas à se mettre d’accord et je commençais à désespérer.
Encore un mois à traîner, à relancer cette affaire qui ne se faisait pas, puis, poursuivre mes habitudes, passer au village pour aller chercher mon journal et faire les petites annonces de commerces que j’avais d’ailleurs abandonné depuis un moment.
Et là ! Je vais faire un peu de pub pour le journal « Bureaux&commerces » je ne sais pas ce qui me prend, mais je l’achète quand même, en me disant on ne sait jamais, c’est mon côté perspicace…
Je rentre à la maison, et très étonnant je l’ouvre par hasard pour me retrouver sur les annonces du 33 et tout de suite porter mon regard sur deux mots que je connaissais bien : Quartier St michel. Tiens donc !  Brasserie, endroit de charme, étages, cheminées…
Je décidais sans m’emballer d’en parler le soir même à Lotte, et laissais le journal de côté.
 
Lotte fut comme moi amusée de la coïncidence et de cette annonce décrivant un endroit au prime abord sympathique et proposé pour un prix relativement modique.
C’est en fait nos caractères communs et notre persévérance qui nous ont incités à appeler Jojo pour lui demander simplement de visiter l’endroit à notre place (500 km, ce n’est pas la porte à côté).
Nous attendions sans nous faire d’illusions, puisque c’est encore une fois la curiosité qui nous poussait dans nos démarches.
Jojo acceptait et nous rappelait deux jours après y être passé boire un verre avec une amie, et nous dit qu’en fait il connaissait bien les lieux, ayant habité dans la rue même, qu’il se nommait « El Totem » et était tenu par un drôle de personnage atypique handicapé d’un bras et grand amateur de whisky. Que l’endroit semblait surtout refléter quelque chose de très cosy et d’un peu étrange.
C’est vrai qu’on ne peut rester insensible à cette façade sculptée par L’artiste Dome en 1994 ressemblant à une œuvre du facteur cheval et contrastant avec les murs bien lisses et plus ou moins blancs du quartier.
Nous avions appelé le propriétaire François avec qui le contact avait été chaleureux et il nous fallait quelques jours pour nous décider d’aller passer le jour de l’an à Bordeaux et joindre l’utile à l’agréable. Le temps de nous organiser. François s’était engagé à patienter quelques temps et à ne pas refaire visiter avant notre venue.

Chapitre 4
La première visite à Bordeaux
 
Nous étions début décembre et toujours  bloqués dans le processus de l’achat du café de Menucourt, je venais de créer mon asso artistique et musicale et comptais organiser un festival dans mon village avec Les Ogres au printemps.
Un détail qui compte aussi, l’arrivée de notre chienne Zoé, que nous venions d’adopter, trouvée abandonnée à la SPA de Plaisir et qui venait compléter la famille.
Je m’étais mis à écrire mes premières chansons dont « Mon pote le gitan », inspiré d’un fait réel intervenu dans mon village et « Amérindiens » suite à l’invasion américaine en Afghanistan. 
 
Nous n’avions dans la tête qu’une idée de long week-end en descendant à Bordeaux, et par la même de visiter « El Totem » sans pour autant avoir à prendre de décisions importantes.
Nous étions tous en famille avec notre nouvelle Zoé et  avions donné rendez-vous à la gare St Jean à deux potes de Cergy qui passaient par Bordeaux ce jour là  et avec qui nous devions déjeuner. Nous avions tout le temps puisque la visite n’était prévue qu’à 16h l’après midi mais nous voulions aller voir la façade et l’endroit avant de se poser quelque part.
Nous nous dirigions vers la rue Camille Sauvageau en passant par le Local de la rue de Tauziat et la place St croix.
A l’époque il n’y avait pas de tramway ni les nouvelles constructions et il nous fallait les quinze minutes réglementaires pour arriver devant le 54 de cette rue Camille Sauvageau.
On aperçut bien entendu tout de suite la façade, le 54, c’était là !
Nous étions immédiatement troublés par cet énorme Dragon entouré de symboles divers, de cette sculpture de femme, de ces inscriptions insolites, une chose semblait évidente pour un lieu atypique, nous étions servis, sorti de l’imagination d’un artiste, un illuminé, on se sentait terriblement poussés par la curiosité et l’envie de rentrer pour visiter l’intérieur.
Deux étages, jusqu’au toit, c’était semble t’il ce que proposait l’annonce.
Il allait falloir attendre 16h, l’heure de notre rendez-vous, et nous sommes donc partis déjeuner dans un resto turc du quartier St Michel à deux pas du P’tit rouge situé à l’époque rue Mauriac.
Bordeaux est probablement la ville où la pierre est la plus en valeur mais le quartier St Michel, en pleine réhabilitation n’a pas l’éclat des beaux quartiers comme St Pierre complètement rénové, et reste très populaire.
On y trouve les meilleurs petits restos turcs, kebabs, couscous et thés à la menthe à déguster en terrasse.
La rue Camille Sauvageau était une des rues les plus commerçantes de la ville au début du siècle,  à l’image de la rue St Catherine aujourd’hui.
Les marchés et brocantes de la place St Michel (place Meynard en réalité) drainent toujours une population très éclectique et bien évidemment un peu marginale.
 
 
C’est en fait à 15h, ayant réussi à avancer le rendez-vous d’une heure que l’on retrouvait François devant le café pour visiter les lieux.
Nous avons franchi pour la première fois la petite porte sur le côté du café rue Beyssac.
Et tout de suite une impression de se retrouver dans un univers totalement différent, presque tiré d’une bande dessinée.
Un joli bar en bois, une charpente métallique impressionnante et la pierre de taille mise en valeur et incrustée par endroit de formes et de moulages à l’image de la façade extérieur.
Une guirlande illuminée faisant réellement penser à l’atmosphère chapitesque du Latchodrom,
Entourant un véritable petit toit surplombant le bar et sur lequel reposait une barrique avec une enceinte de 30cm de diamètre. Etonnant !
Au premier étage une cheminée et un énorme dragon illuminé n’étant en fait que le moule ayant servi à effectuer la réalisation de celui de la façade extérieur.
Dans un coin, un tas de sarments de vignes à brûler et des machines à coudre en guise de tables, couvertes de ces superbes nappes à carreaux dont certains clients se diront par la suite très attachés.
Le deuxième étage, composé d’une cuisine en court d’aménagement et d’une pièce bureau.
Très originale, une énorme mezzanine et donc un troisième étage sur lequel était posé une grande baignoire sous un gigantesque Velux, et suffisamment d’espace pour pouvoir en faire une belle chambre.
Il y a avait du travail et un sacré nettoyage serait nécessaire mais on ne pouvait rester insensible aux réalisations de ces deux artistes de Dome et François.
Le deuxième restait à fignoler, la mezzanine allait même être agrandie et la cuisine terminée rapidement sur les dires du propriétaire.
 
 
Chapitre 5
La décision
 
 C’est un problème de tempérament.
Nous avons ce caractère en commun avec Lotte de savoir saisir la balle au bond.
Cet endroit nous plaisait, on n’avait pas besoin de parler pour s’être compris.
Nous quittions Sylvie et François après cette visite pour repartir à l’hôtel en ayant un drôle de poids sur les épaules. Une sensation curieuse, entre l’envie et la peur,
Ces moments de profondes solitudes où vous savez que vous êtes en train de jouer gros.
Que le premier qui va parler va devoir prendre ses responsabilités.
 
Je me rappelle d’il y a 4 ans, lorsque nous avions déjà tenté d’émigrer sur Montpellier, et le jour de soulagement où après avoir écumé toute la région nous avions réalisé que nous n’étions pas encore prêts à lâcher tous nos liens et à franchir le pas.
Le moment où nous avions éclatés de rire, l’un n’osant pas le dire à l’autre, et inversement.
Il nous fallait concrétiser aujourd’hui ce rejet que nous avions de la vie parisienne et de ses tourments.
 
« Je suis prêt Lotte ! L’endroit est complètement adapté au futur « café des jours heureux ».
Situé à 300 m du Local Le Clav et de son collectif de musiciens composés de différents groupes dont les HDL, les Rageous ou la Replik. 
 
A deux pas du conservatoire, des beaux arts et du Ciam, c’est une manne de musiciens et d’artistes susceptibles d’être intéressé par un café musical.
Lotte me répond que l’endroit est atypique mais superbement décoré et surtout unique.
Et si tu le sens, bien moi je le sens bien aussi….
C’était dit. La décision, le moment était arrivé, le plongeon, l’acceptation, tout quitter, tout redémarrer, tout recommencer, une folie mais notre désir engagé.
L’amour et le fait de vivre à deux est un avantage considérable pour prendre ce genre de risque, il faut le dire. Le fait de savoir qu’après vingt ans de vie commune on peut vraiment compter sur l’autre et prendre des décisions en connaissance de cause est fondamental.
 
C’est après une nouvelle visite minutieuse et avoir pris les contacts nécessaires que nous nous retrouvions en train d’établir un chèque de réservation sur le comptoir du café devant un François un peu surpris par notre rapidité et notre détermination.
C’est là que la vie vous donne le pouvoir de faire où de ne pas faire, de se dire qu’au moment de signer vous vous engagez à vendre votre maison, quitter vos amis et à abandonner partiellement votre famille (si on peut dire).
 
 
Chapitre 6
La préparation
 
Nous rentrions à Menucourt avec la joie, la bonne humeur et le baume au cœur.
Avec de sacrés engagements et tous les soucis que l’on venait de se créer en prenant la décision du départ.
Faire accepter aux enfants d’abandonner aussi leur village, leurs copains.
Tenter de leur faire comprendre l’intérêt de se retrouver dans une ville comme Bordeaux, à dimension humaine avec une météo meilleur que chez nous et la mer pas très loin.
Mais à 8 et 12 ans on a déjà de sacrées racines, en plus Lisa et Mathis avaient une marginalité du à nos fréquentations musicales Ogresques En arrivant à Bordeaux ils se sont sentis un peu exclus des goûts de leurs camarades plus portés sur la « Star ac » où « Laurie » de l’époque que sur les Ogres, les HDL où Debout sur le zinc.
 
Il nous fallut deux mois pour vendre la maison, liquider les affaires courantes et s’entendre pour coordonner la signature de la maison avec l’ouverture du café.
Il me fallait m’inscrire au registre du commerce à Bordeaux afin de pouvoir faire bénéficier à Lotte du rapprochement de conjoint automatique. Pourtant souvent accordé la deuxième année de l’arrivée dans le département, nous aurons plus de chance.
Ces derniers mois passés à Menucourt voyaient la naissance du site du café et je développais une grosse communication internautes afin de sensibiliser Bordeaux et la région à cet événement majeur que devenait pour nous l’ouverture imminente du café des jours heureux.
Des mois à composer mes premières chansons, et à faire la connaissance du Luthier des Ogres Philippe Alteyrac à qui j’achetais ma contrebasse et qui me donnait mes premiers cours.
Une soirée particulière le 21 juin 2001 qui devait finaliser notre vie à Menucourt, jour de la fête de la Musique où je m’exposais pour le première fois, avec mes deux enfants, devant tout le village, un bon bizutage avant ce qui nous attentait.
 
 Une énorme fête fût organisée à la maison jusqu’avant notre départ. Nous étions 90 je me souviens, tous nos potes étaient là, une sacrée soirée, un concert dans le jardin et une atmosphère particulière, festive et triste à la fois.
J’avais empilé tous les pots de confitures qu’il me restait sur une grande table et les avais distribué pour l’occasion.
Nous nous étions retrouvés le lendemain midi afin d’enterrer parfaitement les deux jours qui nous restaient à passer sur Menucourt.
 
Le camion était trop petit, 23 m 3, il nous manquait 5 bons m3. Il était chargé à bloc, et nous avions vraiment la sensation de partir avec notre maison sur le dos.
Nous avons légué la moitié de nos plantes et du abandonner quelques lampes, un fauteuil  et j’en passe. Dedette la maman des Ogres nous avait heureusement prêtée sa camionnette au dernier moment et on était arrivé tant bien que mal à tout charger.
Nous étions partis…
 
 
Chapitre 7
Le voyage
 
(Lotte portable) – Allo !oui ! Nous sommes au niveau d’Allainville et nous apprêtons à rentrer sur l’autoroute (Patrice dans le camion)
                         – Allo ! Nous venons d’éclater un pneu, les gendarmes sont à côté nous sommes en surcharge et il est impossible de remorquer, il nous faut remplacer la roue et continuer sans dépasser les 60 km/h durant tous le trajet. Il nous faudra également nous arrêter pour arroser et faire refroidir les pneus…
Les minutes qui venaient de s’écouler n’étaient que le début d’un vrai calvaire.
A peine partis, effectivement en surcharge, les pneus n’avaient pas supportés les premiers kilomètres d’autoroute et nous étions obligés de nous arrêter à toutes les stations services pour les arroser et les faire refroidir suffisamment longtemps pour éviter de reproduire l’éclatement.
L’angoisse de voir ces véhicules vous doubler à plus du double de la vitesse où vous roulez,
La reconnaissance de tous les points d’eau des 17 stations service (toutes) entre
Paris et Bordeaux, 550 km et 17 heures de route.
Une ambiance digne d’un Kholanta où d’un Trekking au fin fond de l’Amazonie.
Celle qui vous révèle l’étoffe des Héros de ceux qui pourraient survivre dans toutes les situations et supporter les autres.
 
  
Deuxième Partie : Bordeaux
 
 
Chapitre 8 :
L’installation
 
Nous quittions une maison assez spacieuse pour nous retrouver dans un appartement de 65 m2, soit la moitié en surface et malgré un épurage massif avant notre départ, avec tout ce que nous avions accumulé en vingt ans de vie commune.
Nous sommes arrivés épuisés, nous avons déchargé difficilement un camion garé à l’arrache, une Lotte qui réussit à s’enfermer dans un cagibi à vélo de deux mètres carrés et fenêtres à barreaux.
Une arrivée cauchemardesque et presque comique.
En fait, plutôt quelques jours à pleurer c’est sur, à monter des mezzanines pour gagner de la place et caser des petits coins bureaux pour les enfants un peu perdus.
La cerise sur le gâteau, c’est l’enlèvement de la voiture la nuit suivante garée malencontreusement sur la petite place du marché St Michel.
Direction poste de police, Bacalan et tutti quanti… un parcours que
j’allais malheureusement reproduire plusieurs fois.
C’est en plus un café encombré et qui était loin d’être opérationnel que nous revisitions le lendemain de notre arrivée.
François débordé n’avait pas terminé le deuxième étage et avait embauché des ouvriers non qualifiés comme celui qui débranchait le téléphone en pensant qu’il s’agissait d’un branchement défectueux.
Nous étions le 30 juin et il nous restait 6 jours et une semaine avant l’ouverture prévue pour Le 6 juillet au soir.
 
 
Chapitre 9 :
L’ouverture du café
 
Les premiers jours à Bordeaux furent intenses.
Des brocanteurs de St Michel m‘aidaient à débarrasser le deuxième étage et je courrais toutes les administrations pour démarrer aux normes.
Nous continuions à préparer l’ouverture sans vraiment nous préoccuper du reste en dehors du confort de nos enfants.  Essayer de ne pas trop penser à nos objectifs de rentabilité qui demeuraient évidents.
Le site du café, simple et pratique à mettre à jour et à réactualiser, m’avait permi à travers une chronique quotidienne d’entretenir un dialogue avec les internautes et de tisser la toile grâce aux liens de sites référents comme celui de Céline des Ogres où encore des HDL.
 
Il nous fallait exploiter les connaissances de François pour terminer une préparation en fait inachevée au jour J, mais en quelque sorte fonctionnelle.
C’est à 18 heures et une heure avant l’ouverture que cette enseigne que j’avais dessinée en forme de soleil et réalisée en fer forgée par un forgeron très sympathique de mon ancien village Menucourt était fixée sur la façade. Nous avions installé un tonneau et un lampadaire qui devaient rester longtemps des repères et des emblèmes du café.
Nos potes parisiens étaient juste arrivés, mon cousin Martin, sa femme, Fabien, Alex, Dan descendus pour l’occasion à plus d’une vingtaine pour nous soutenir et fêter la naissance du café des jours heureux. Dedette la maman des Ogres nous offrait ce jour là de la part de la famille Burguère ce superbe tableau d’Aurélia Grandin illustratrice des pochettes de leurs albums. Un montage de bois colorés, de personnages clownesques, d’instruments et d’un magnifique chapiteau Latchodrom. Un tableau que nous gardons précieusement et qui ornera les murs de notre futur asso.
Nous arborions avec Lotte un Tee-shirt blanc sur lequel étaient reproduites les paroles de la chanson des HDL. 
Il faut préciser que nous n’avions jamais tenu de bar et qu’en dehors de servir l’apéro nous n’avions pas grande connaissance en cocktails où usages particuliers et que nous avons réellement appris notre nouveau métier sur le tas.
Ce sont en fait près de 200 personnes qui, à notre grand étonnement, envahirent le café et la rue Camille Sauvageau pour une inauguration dont se souviennent encore aujourd’hui quelques voisins.
Une fête pour laquelle j’avais quand même pris la précaution de prévenir ceux qui allaient nous tester, nous faire souffrir et parfois nous apprécier, les voisins…
Un petit retour en arrière pour vous conter l’histoire de la contrebasse.
Deux relations de chantier s’étaient bousculés la veille et avaient fait tomber l’instrument qui avait démâté et rendu indisponible pour le concert « d’Alteyrac et les têtes à claques » du lendemain.          
J’ai du faire le tour de Bordeaux, en passant par les quelques relations que nous avions et susceptibles d’avoir une contrebasse.
Le groupe de « La Replik » au local où je rencontrais Roland pour la première fois mais qui jouait ce soir là en concert et ne pouvait nous prêter l’instrument et c’est Julien de « La centrale » un local concert de la rue Bouquère qui n’hésitait pas à nous confier sa contrebasse et à qui je dois encore aujourd’hui toute ma reconnaissance.
C’est donc par le concert de nos potes de Conflant-St-Honorine « Altayrac et les têtes à claques » que débutait la soirée.
Beaucoup d’euphorie, les premières rencontres, les premières questions, les impressions et une certaine délivrance lorsque nous nous sommes retrouvés au bord de la Garonne après cette nuit arrosée, mais aboutie, le café des jours heureux était né !
 
 
 
Chapitre 10
Le monde de la nuit des Capus
 
Une première semaine de réglages avec les dépassements d’horaires, les flics et une amende pour fermeture tardive. On commençait fort.
Il faut dire que mettre soixante personnes à la porte n’est pas chose facile et il me fallait plusieurs semaines pour mieux gérer et adopter la technique du double passage, trente et quinze minutes avant de fermer afin de prévenir les clients, les préparer en douceur et étaler les sorties.
Gérer la rue est essentiel car ce ne sont pas en fait les bruits calfeutrés du café en activité les plus gênants mais la rue bruyante au moment de la sortie, et les éclats de voix des personnes stagnant trop longtemps devant le café.
D’autres techniques comme celle consistant à l’époque à tous se donner rendez-vous au bar du p’tit rouge chez Sylvain pour terminer la soirée (pas très cool en fait) puisque sensé fermé également à deux heures, il devait nous mettre rapidement à la porte. Il me renverra d’ailleurs l’ascenseur à plusieurs reprises.
Nous découvrions nos premiers after et le monde des Capus la nuit avec encore à l’époque la possibilité de faire la grande tournée en partant du café direction « le Kafka » tenu par Djamel, l’incontournable « Usine » avec Michel puis « La lune dans le caniveau » pour certains, « Le chat qui pêche » et terminer au « temps des copains » où à déguster un magret avec les frites maisons du resto des Capus.  
Nous tiendrons quelques temps à ce rythme là, conscients de l’importance de tisser des liens avec le monde de la nuit et créer des échanges nécessaires à tous.
Nous comprendrons vite la nécessité de  devoir gérer notre sommeil sur le long terme.
 
 
 
 
Chapitre 11
Les premiers habitués
 
Une première semaine de travail intense, récupérations difficiles et de rencontres importantes.
Un mémorable petit déjeuner autour de la cheminée avec nos potes des « Debout sur le zinc » au retour de leur concert de Créon organisé par les Lutins géants.
La rencontre de Katy, présidente à l’époque de l’association « Mine de rien » et organisatrice du festival à la base sous marine avec 1air2 famille cet été 2001. Tout de suite impliquée et très présente au café avec d’autres membres de son asso.
Mathieu et ses potes musiciens du groupe « Vendetta », Julien Trio, chaisetable, pioupiou and Co. Ben et Léa compagnons de Luxey. Les clients voisins dont Seb un artiste très sympa de la rue Camille Sauvageau à qui on doit plusieurs tableaux exposés au café.
Bruno et ses frangins, patron de «  la vie est belle » et personnage fort en couleur.
Une semaine avec un chiffre d’affaire plus que satisfaisant et qui nous permettait au moins de ne pas nous angoisser à ce niveau là.
Ce n’est pas un secret, nous avions six cent euros de loyer pour six cent euros de charges sans compter le stock et les frais annexes. Il n’aurait pas été possible de tenir plus de deux mois sans faire du chiffre d’affaire et sans nous mettre en danger. Nous nous étions quand même engagés sur un bail 3/6/9 à régler 3 années de loyer au cas où nous aurions arrêté prématurément l’activité, un risque important.
Nous pratiquions des petits prix et comptions sur un débit constant en privilégiant la clientèle étudiante et peu fortunée à celle plus attachée au paraitre et aux lieux sophistiqués.
La clientèle extérieure à Bordeaux et coptée par le réseau Internet en provenance de Toulouse, de Pau où qui transitait par le café en remontant des vacances sur la région parisienne.
 
L’histoire de Benoit qui un mois avant l’ouverture et notre arrivée, étudiant à l’IUT de journalisme place St Croix, rentrant du concert d’1air2 familles au Krakatoa, passe boire un verre dans un petit café du quartier, rentre chez lui, s’installe devant son PC et en cherchant des infos sur le site des Ogres, tombe sur les photos de la salle du café « Le Totem » qu’il venait juste de quitter et qui se révéleront être en fait être celles du futur Café des jours heureux visibles sur le nouveau site que j’avais mis en ligne.
Une étonnante coïncidence qui l’incitait lui-même originaire du Val d’Oise à venir un dimanche après midi m’interviewer sur un vide grenier pour un article qu’il voulait réaliser dans le journal des étudiants de l’IUT.
Un bel article qui allait d’ailleurs nous faire une bonne publicité auprès des étudiants de sa promo.
Benoit avec qui nous allions partager beaucoup de grands moments et de soirées pour cette première année.
 
 
Chapitre 12
L’évolution, la musique au café
 
C’est comme toutes les premières fois, on découvre et on improvise.
La deuxième fois c’est plus pareil, on connait et on sait un peu comment cela fonctionne.
Un véritable noyau dur s’était formé depuis les trois premières semaines d’ouverture et nous étions opérationnels tous les soirs dès 18h pour accueillir les premiers clients habitués à venir prendre l’apéro. Souvent débordés dès 21h et frustrés de devoir se retrouvés complets nous étions déjà obligés de refuser du monde.
Nous avions à l’époque le « tout Bordeaux », les curieux amateurs d’endroits nouveaux souvent intéressés par les open bars et pots offerts pour les inaugurations en tous genres.
On allait vite se rendre compte de l’engagement et des responsabilités que vous devez nécessairement prendre lorsque vous vendez de l’alcool, une drogue dure à part entière, et pour lesquelles je n’avais pas vraiment pris encore la mesure.
C’est la musique, et avant tout ce concept de partage et de don de soi qui ont été nos seules motivations à créer ce lieu. Pas vraiment de plaisir à voir les gens se transformer au fur et à mesure de la soirée. Les musiciens d’ailleurs souvent trop absorbés à jouer, ne consommaient pas énormément.
Il nous a malheureusement fallut endurer les pochtrons du quartier et tenter de filtrer la clientèle en trouvant des solutions pratiques comme l’interdiction de fumer au rez-de-chaussée que nous prendrons un peu plus tard.
 
Un piano, des guitares, une contrebasse mais pas de concerts.
Des clients, des musiciens et tout pour éviter d’avoir des gens qui viennent assister passivement à un concert et repartent.
Une ambiance à recréer tous les soirs. Un Fred qui s’essaye au chant et puis c’est tout ! A vous de jouer ! Un drôle de pari, pleins d’idées et des alliés de choix avec les reprises de Brassens, de Renaud, des VRP des HDL de la Rue ketanou où des Ogres.
Avec la musique, l’avantage c’est que nous avons affaire à un véritable langage.
Cela ne se commande pas, l’attirance de l’instrument véritablement physique vous pousse à jouer avec les autres. Une fièvre particulière qui grâce aux guitares et autres instrus à dispo pouvait se transformer en bœuf magistral.
C’est d’ailleurs cette raison qui poussait de nombreux musiciens à rester jusqu’à la fermeture après avoir joué trois heures durant.
 
 
Chapitre 13
Le premier noyau dur, Ludo, Luxey
 
Ce noyau dur composé de Mathieu, Léa, Ben, Fab et Mag avaient été convié avec nous pour l’anniversaire de notre regretté Ludo (Harley sound system) à Precignac en Dordogne.
Souvenirs d’une soirée surréaliste passée en compagnie des « Fils de teuphu » de Pépito des HDL, de Muriel, et d’un fantasque Ludo.
La musique allait retentir jusqu’au matin et soudait des liens importants pour une histoire qui commençait à s’écrire.
C’est en fait à Luxey que nous nous sommes tous retrouvés pour le Musicalarue festival légendaire organisé au mois d’août dans le cœur des landes.
 
Un festival très particulier où les concerts ont lieu la nuit et où on se repose en principe le jour.
Nous avions fermés le café et étions installés dans le camping des pins gratuit et encore ouvert au public à l’époque. Trois nuits à partager les concerts avec une partie de la clientèle qui avait suivi.
Les Ogres et les HDL pour 1air2 familles, les 17 hippies,  un défilé de groupe et un grand plaisir a profiter de ces nuits magiques et à faire la fête au sens propre du terme.
Nous sommes rentrés un peu fatigués par un manque de sommeil évident mais regonflés à bloc avec de la musique plein la tête.
 
 
 
 
Chapitre 14
La famille
 
Nous avons donc rouvert le café et commencé à voir arriver les premiers étudiants.
Nous habitions rue Permentade à proximité de la place Moncailloux et l’appartement trop petit nous obligeait à gérer au mieux la répartition de nos affaires entre le logement du café et l’appartement. Nous avions beaucoup de mal à investir les lieux et il fallait trouver des solutions pour s’occuper des enfants, de leurs rentrées scolaires, 6ème à Aliénor d’Aquitaine pour Lisa et CE1 pour Mathis à l’école élémentaire André Meunier.
Ils ont eu beaucoup de mal à s’intégrer la première année.
Lisa refusée après une audition assez comique où elle avait interprétée un morceau de « La tordue » en 4ème année de piano et jugée d’un niveau insuffisant pour intégrer le niveau équivalent au conservatoire de Bordeaux. Elle arrêtera d’ailleurs l’instrument, un peu dégoûtée et victime du système archaïque privilégiant l’élitisme et la performance à l’amour de la musique.
Mathis, notre petit bonhomme, avait aussi un peu de mal à se faire à nos emplois du temps chargés. Le fait qu’il faille se lever pour les accompagner à l’école n’était pas chose évidente. Se lever à 7 heures après avoir dormi 4 heures relève de l’exploit et reste limité dans le temps.
C’est pourtant le rythme que nous allions nous imposer cette première année.
Beaucoup de concessions en oubliant sorties, cinés, invitations chez les potes, restos sans parler des vacances impossibles à prendre sans mettre le café en danger.
Accepter de vivre aussi avec une fatigue chronique qui s’installe insidieusement.
Lotte de son côté avait opté pour un travail à mi-temps à l’école et à plein temps pour les soirées du café. Le mardi étant pour elle une journée particulièrement chargée puisque réveillé à 6h elle enchaînait directement le café jusqu’à la fermeture, 20 heures d’affilées.
Il faut avoir la foi pour contourner les épreuves comme cette fatigue, l’angoisse des échéances où le bien être de la famille.
Lotte s’était lancée dans la peinture et commençait à exposer ses broches au café.
Sa bonne humeur transparaissait déjà dans ses réalisations très vives et colorées, et a certainement participé à donner une ambiance festive et joyeuse à notre endroit.
Chapitre 15
Le piano, La cheminée,
 
Nous avions vite compris qu’il nous fallait jouer au rez-de-chaussée plutôt qu’au premier étage.
Au début nous avions posés des grilles sur la cheminée que j’entretenais amoureusement pour permettre aux clients de se faire griller les viandes qu’ils pouvaient ramener.
J’aimais particulièrement ces moments où l’ambiance tournait au barbecue festif avec en prime la musique que nous pratiquions aussi au deuxième.
C’est à l’arrivée du piano resté longtemps dans notre appartement rue Permentade que nous nous sommes décidés à ne plus jouer qu’en bas consécutivement aux plaintes de nos voisins d’en face. Un piano sur lequel était mentionné en russe « Octobre rouge » et qui ne se doutait probablement pas qu’il allait jouer autant.
Nous l’avions acheté à Beauvais quelques années auparavant et était destiné à Lotte puis Lisa pour leur grande carrière de pianiste.
Il a d’ailleurs participé à changer l’atmosphère du café en lui donnant une teinte tout de suite plus chaude et accueillante. Avec Madame la contrebasse et les guitares perchées sur son dos il devenait difficile de résister au fameux appel de l’instrument.
 
 
Chapitre 16
Les premiers spectacles
 
Nous nous sommes retrouvés un après midi au café avec Alice Ogresse et R1 des HDL pour discuter de nos projets d’organisation d’un spectacle pour fêter cette première année d’ouverture.
Nous parlions de Ludo et de son chapiteau avec qui ils avaient fait leur tournée à l’est et qui pourrait être intéressé par le projet.
Nous nous sommes rencontrés et c’est en fait avec Ludo et Pépito que nous nous sommes associés.
Un festival de trois soirées qui seraient organisé chez « Alriq » sur la rive droite, un endroit un peu magique et sur lequel il nous était matériellement possible de monter le chapiteau.
Il nous fallait en plus trouver un moyen de chauffer, les concerts étant prévus mi octobre.
Capacité 480 places et Des groupes locaux comme  « Los Purinos » avec Chinoi et Nass où « La Replik » et des groupes comme « La Varda », « Delastreet » et « Les Ogres de Barback » bien entendu.
Sophie Viguier de France 3 nous a fait un beau reportage où l’on voyait Ludo et Roland partir en canoë vers Le Colbert et traverser la Garonne déguisés en pirates.
 .Bizarre et triste de réaliser qu’ils aient aujourd’hui tous les deux disparu. Nous avions embauché Roland au mois de juillet.
Dévoué au Local
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Publié dans Et à Bordeaux

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