Arena, la nouvelle salle de spectable bordelaise

Publié le par Bord 'O' Scène



Voici l'article intégrale paru aujourd'hui dans Sud-Ouest (
www.sudouest.com) 

La salle Arena de Floirac va être le deuxième équipement de taille en projet sur le secteur, rive droite, après le pôle culturel dédié aux musiques du monde en construction à Cenon

La rive droite monte sur scène :

Sur la ZAC des Quais à Floirac, l'Arena est encore une illusion. Les grues qui s'agitent font naître pour le moment d'autres choses. Au nord, on y construit des logements. Plus au sud, ce sont les cuisines centrales des communes de Cenon et Floirac pour une ouverture dans trois semaines. Une entreprise de concassage, et une autre de gravats quitteront à terme le secteur.
En 2012, le projet validé le 18 juillet dernier par les élus de la communauté d'agglomération : une salle de spectacle de 14 000 places adossée à 28 000 m2 de commerces et de logements. Aussi gigantesque soit-il, ce projet n'est en fait qu'un signe de plus de la renaissance de la rive droite dans sa dimension culturelle : depuis quelques semaines sort de terre plus au nord, sur le parc Palmer de Cenon, un pôle culturel de spectacles dédié aux musiques et cultures du monde. Un enjeu au moins aussi important que le Bercy floiracais.


Cultures du monde.
Sur le terrain cenonnais, balcon naturel sur la Garonne et la rive gauche, le Rocher de Palmer se dessine. Les fondations de l'équipement sont terminées, la dalle du rez-de-chaussée coulée. On peut deviner la configuration du pôle : deux salles de spectacle (1 200 et 650 places), et deux studios-ateliers se connectant aux communs du château Palmer conservés.
Le projet culturel du Rocher, élaboré par l'association Musiques de nuit, est fort : conjuguer sensibilisations, résidences artistiques, rencontres et diffusion dans un domaine des musiques du monde qui refléteront aussi la diversité culturelle de la rive droite où plus d'une cinquantaine de nationalités sont recensées.


Privé et public. Le projet culturel de l'Arena ? Il n'y en pas et ce n'est pas ce qu'on lui demande. Le complexe est destiné à accueillir de grosses stars friandes de scènes centrales (Madonna, Céline Dion ou encore Robbie Williams), un espace juste capable de drainer un très large public. Ce pur lieu de diffusion pourra aussi abriter des grands événements sportifs.
D'un côté, une structure publique aux financements croisés (12 millions d'euros de construction et un budget de fonctionnement estimé entre 1,5 et 2 millions d'euros) qui ouvrira ses portes en septembre 2009. De l'autre, un équipement privé de 50 millions d'euros environ. Deux projets radicalement différents mais qui participeront d'un même rééquilibrage : si on trouve un réseau de médiathèques et d'écoles de musique, seul le Cuvier de Feydeau (scène de danse) avait une envergure culturelle dépassant les coteaux. Chacun dans leur domaine, Le Rocher et l'Arena rayonneront sur l'agglomération bien sûr mais aussi sur la région toute entière.


Rénovation. Dans les quatre communes principales de la rive droite (Bassens Cenon, Floirac et Lormont) se multiplient depuis trois ans les chantiers de rénovation urbaine. Logement, équipements publics (écoles notamment), transports. Via le Grand Projet des villes, la dimension culturelle de la rive droite était affaire de rendez-vous (lire ci-dessous). Avec l'Arena et le Rocher, elle s'ancre concrètement.
La dimension culturelle de l'aménagement du territoire est une notion que le Grand projet des Villes de la rive droite a intégrée dès sa création en 2001. Credo : la culture est un vecteur, susceptible à l'instar du logement ou du développement économique, de créer du lien. Avec l'avantage d'être rapidement palpable.
Dans cet esprit le GPV a initié plusieurs rendez-vous qui se déclinent au fil des années et des communes : le festival Bulles en Hauts de Garonne a acquis en sept ans un rayonnement impressionnant, celui des Hauts de Garonne qui conjugue comme les autres sensibilisation et diffusion, Souffles nomades plus tourné vers la littérature et le conte, le Carnaval des deux rives et Planète, agora associative et militante qui tiendra sa huitième édition le 30 août prochain à Floirac.


Arts plastiques et de la rue. « Nous couvrions une grande majorité des genres culturels mais n'étaient que peu abordés les arts plastiques et les arts de la rue », explique Sophie Trouillet, chargée de mission culturelle au GPV. « C'est pourquoi nous avons imaginé cette biennale. » Le premier week-end de juin et tous les deux ans pour l'instant, se tiendra cette manifestation, très liée à une dynamique environnementale. Son décor : le parc des coteaux, couronne verte qui colore déjà les quatre communes et qui sera dans quelques années un espace continu et complètement aménagé.
Accompagnant localement l'opération thématique nationale « Rendez-vous au jardin », la biennale se déploiera sur un site vert des quatre villes. « Le samedi sera plus orienté sur la sensibilisation des publics », poursuit Sophie Trouillet. « Visites en groupes, scolaires ou périscolaires dans une dimension de culture scientifique du parc qui regorge de richesses. » Le samedi soir, place au « son et lumière », beaucoup moins Puy du Fou que Royal de luxe : un grand spectacle en quatre parties qui s'enchaîneront d'un site à l'autre. « On pourra voir une partie indépendamment des autres », dit-on au GPV, mais on pourra donc faire aussi le grand chelem, les quatre volets ayant un thème commun.


Guinguettes et installations. Le lendemain, place aux loisirs, aux balades et à la détente. Rallyes et guinguettes sont au menu, petits concerts et bien sûr tout au long de ces deux journées, des compagnies d'arts de la rue et des installations éphémères ou non. « Le Land art (1) est logiquement une discipline qui peut avoir une belle place dans la biennale », souligne Sophie Trouillet.
Cette biennale n'a pas encore de nom mais un sous-titre : « De cour à jardin, le parc des coteaux se met en scène ». La manifestation s'appuiera sur la création locale, en partenariat avec l'artothèque et le Conseil général via des résidences d'artistes. 150 000 euros pour cette première édition, financée de manière publique et privée.
(1) Le Land art est une tendance de l'art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature.

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