Plainte d'un maire contre les Ogres de Barback

Publié le par Bastien

Voici ci-dessous deux courriers : le premier est écrit par un maire où les Ogres sont venus faire un concert et le deuxième est la réponse envoyée par les Ogres.

1er courrier :

VILLE D'OYONNAX
Jacques GORET
Maire d'OYONNAX


« Les Ogres de Barback »
Madame Virginie HUREL, Présidente 242 avenue jean Jaurès 95 100 ARGENTEUIL

Madame la Présidente,

J'ai, dès le dimanche 6 mai au matin, été informé de l'incident qui a eu lieu au Centre Culturel lors du spectacle donné le samedi 5 mai au soir par les « Ogres de Barback », incident au cours duquel le spectacle a servi de prétexte à une action de propagande politique dirigée contre l'un des candidats à l'élection présidentielle, Nicolas SARKOZY, et en faveur de son adversaire, Ségolène ROYAL.

Cet incident appelle 4 remarques de ma part

1. La prise de position publique a violé la neutralité républicaine qui doit avoir cours à l'intérieur des bâtiments publics.
2. Au moment des faits, la campagne officielle était close depuis la veille à minuit, ce qui constitue une circonstance aggravante.
3. La prise de position des artistes a heurté et choqué les convictions d'une partie importante du public qui n'a pas manqué, dès le lendemain et les jours suivants, de m'en faire part.
4. Cette intervention intempestive autant que mal venue a eu lieu au cours d'un spectacle pour lequel les artistes étaient payés par la Ville d'Oyonnax elle a donc eu lieu aux frais des contribuables locaux d'une ville où les électeurs ont voté SARKOZY à près de 60 %.

Sur ces 4 points, j'exige des explications écrites de la part des artistes des « Ogres de Barback »

Dans l'attente, je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, mes salutations distinguées.

HOTEL DE VILLE -B. P. 817 - 01108 CEDEX - TÉL. 04 74 77 00 06 


2ème courrier :

les OGRES de BAR BACK

Monsieur,

Dans votre courrier, vous vous permettez d'exiger une réponse de notre part. Mais qui et-us donc et quelle saurai étre votre légitimité pour exiger quai que oe soit d'artistes, austi libres que n'importe lequel des citoyens de ce pays?

Tout d'abord sachez, Monsieur, que la personne qui vous a informé ne semble pas en mesure d'apprécier correctement le sens des mots En effet, il n'y a eu aucun u incident n lors de notre représentation. Un passage vidéo de notre spectacle, non relaye par la moindre intervention orale des membres de notre groupe qui plus est [ce, qui serait pondant notre légitime droit d'expression], a semble-t-il dérangé l'un(e) des élu(els de votre commune. Celas 'arrete la.

Vous conviendrez. Monsieur, qu'il n'y pas lieu ici de parler d incident.

Si, donc, nous avons choisi de répondre à cette missive hargneuse et fonciérement creuse en termes d'argumentation, c'est pour vous rappeler à notre tour quelques évidences qui semblent vous échapper
Il est profondément dommage qu'un élu de la République ignore que le principe de neutralité républicaine ne s'applique, bien évidemment, qu'aux agents de l'E[a[ dans l'exercice de leurs fonctions. C'est, en outre, un principe applicable aux personnes et non aux lieux, que ceux-ci soient publics ou non.

Le problème, Monsieur, tient dans le fait que vous mélangez malheureusement un certain nombre de choses pour servir votre propos, qui s'en trouvee du coup. profondément décrédibilisé.

Ainsi, la date de clôture de la campagne offidelle ne concerne qu'une minorité de catégories, dont les principales sont les partis politiques ou associations affiliées à ceux- et à quelques autres [audiovisuel, notamment].
Vous serait-il également venu à l'esprit d'interdire. entre le vendredi 4 ma à 231 elle dimanche 6 à 20h, a vos contribuables, citoyens au même titre que nous, de débattre de politique là où ils le veulent?

Vous affirmez ensuite qu'une partie importante du public aurait été heurtée dans ses convictions: notre groupe, puise une part de sa reconnaissance dans le fait de véhiculer à travers ses chansons des valeurs d'humanisme, de générosité et de tolérance.

Ce que vous écrivez ne saurait donc recouvrir la moindre réalité. Il faut avoir été absent ce soir-là pour oser poser sur le papier de telles aberrations! Surtout, depuis quand les artistes, peu importe le champ dans lequel ils évaluent, doivent-ils prendre garde z ne heurter personne? À wus entendre, nombre d'auteurs de théâtre ou de chansons devraient être interdits de représentation dans votre fille (nous voue épargnons cette liste).
Vous manifestez là une approche de la culture quelque peu effrayante. La prise de position reste, que lle aille ou non dans le sens du pouvgr en place, indispensable à toute démocratie. Croyez bien que nous en sommes désolés pour vous, Monsieur, mais c'est ainsi.

Enfin, et c'est la cerise sur cet Indigeste gâteau , vous brandissez un argument particulièrement novateur. Une tille devrait, pour les dépenses quelle prend en charge au niveau culturel tout au moins, tenir compte, en pourcentage, de l'orientation politique de ses habitants. Il vous faudrait donc accueillir à cachet équivalent, trois spectacles estampillés u de droite n pour deux autres que vous présenteriez a de gauche v. L'école républicaine nous avait pourtant appris qu'un édile doit raisonner en terme d'intérêt général plut St que d'orientation partisane.

Et, tant qu à étre cohérent vous devriez commencer par débaptiser votre Centre Culturel Aragon, pour lui substituer celui de Johnny Hallyday ou de Doc Gynéco.

Monsieur. nous ne vous saluons pas.

PS'. Il va de soi que nous entendons donner une certaine publicité à votre courrier. A bon entendeur...
Les Ogres de Barback

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Publié dans Actus des groupes

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